• Guillaume Ricard

L'étiquette du tatouage: Cinq trucs pour éviter de passer pour un douchebag

Updated: Nov 23, 2018

Dans tous les jobs que j'ai eu jusqu'ici, j'ai toujours travaillé avec le plublic. Et plus le temps passe, plus je constate que j'ai une relation amour-haine avec ce genre de travail. D'un côté, communiquer avec des gens, c'est fucking intéressant. Je rencontre du monde, j'entend des histoires, on partage nos états d'âme, nos connaissances, et au final chaque client apporte un petit quelque chose de plus à un éventail d'émotions et d'autres trucs de hippies granolas hipsters du genre. Mais d'un autre côté, en plus d'éveiller l'esprit sur le monde extérieur, travailler avec le public éveille sur quelque chose d'un peu moins beau: la bêtise humaine.


Autrement dit, comme je l'ai déjà dit auparavant, travailler avec le public, ça rend fucking cynique. C'est pourquoi j'essaie de mon mieux pour rediriger tout ce cynisme afin d'éduquer le plus de gens possibles sur les petites choses qui tombent sur les nerfs, parce que souvent, les gens ne se rendent juste pas compte que certains gestes complètement anodins peuvent vouloir dire quelque chose de très gros pour la personne avec qui ils font affaire. Il y a un bout j'ai écrit un article sur les types de tatouages à éviter de demander à votre tatoueur. Aujourd'hui j'écris sur l'étiquette générale à observer en prenant rendez-vous.


Voici donc cinq trucs simples à éviter de faire pour ne pas avoir l'air d'un douchebag ignorant qui manque de manières. Chacune de ces choses est très facile à éviter et va faire une immense différence pour votre artiste.


Commencer des démarches sans être sérieux


Un tatouage, c'est évidemment quelque chose qui devrait être songé. C'est toujours mieux de prendre le temps de laisser un projet maturer dans notre tête que de rusher pour se faire quelque chose sans avoir pris le temps d'y penser.


Ceci étant dit, le tatoueur prend pour acquis que quand un client vient le voir, c'est qu'il a déjà prit le temps d'y penser comme du monde, et qu'il est certain de sa décision. Donc le moment où il faut aller voir le tatoueur, c'est à la fin du processus. Pas avant, pas pendant. Si vous allez voir un tatoueur pour lui parler d'un projet sans vraiment être certain de vouloir vous faire tatouer ça, désolé, mais vous êtes actuellement en train de faire votre agace client*.


Demander un rendez-vous précis sans se renseigner sur les disponibilités


-Salut je veux me faire tatouer ce dimanche! -J'ai pas de place dimanche. -FUUUUCK.

Peut-être que votre tatoueur est hyper occupé, ou peut-être qu'il a beaucoup de temps libre. Mais dans les deux cas, c'est toujours déroutant de voir un client exiger se faire tatouer dans un délais particulier alors qu'il n'a aucune maudite idée de notre horraire. C'est pas très polis. Et ce principe-là ne se limite pas juste au tatouage: absolument tout professionnel qui offre un service déteste qu'on prenne son temps pour acquis. Le simple fait de dire "aurais-tu de la place dimache?" au lieu de "yo je veux me faire tatouer dimanche" ça fait une méchante différence. Ça communique vos attentes, mais surtout ça montre à votre interlocutteur que vous êtes conscient du fait qu'il n'a peut-être pas le temps de vous voir.


Deuxièmement, se faire un tatouage quand on est pressé, c'est pas une maudite bonne idée. La culture du ici, maintenant, tout-de-suite, ça fait absolument aucun sens avec quelque chose d'indélébile qui dure toute une vie.


Imposer une limite de budget



Un truc qui gosse sur un chaud temps, c'est quand quelqu'un demande quelque chose d'hyper élaboré pour ensuite dire au tatoueur qu'il a une limite de budget. Il n'y a pas de mal à avoir une limite, mais quand on s'en impose une, il faut le faire savoir au tatoueur avant même de lui présenter son projet. De cette façon-là il va éviter de vous dessiner quelque chose qui va prendre douze heures à tatouer quand vous n'êtes prêts à payer que pour cinq heures de travail.


L'important, c'est d'accepter qu'une limite dans le budget va toujours occasionner une limite dans le tatouage. Ça veut pas dire qu'un tatouage moins cher va être moins beau; juste qu'il va être plus petit, plus simple ou va comporter moins d'éléments.


Essayer de négocier le prix


S'informer des tarifs, y'a aucun mal à ça. Mais marchander pour avoir un rabais, c'est toujours un big no-no.





Donc t'es en train de me dire que tu veux pas aller à st-marc, mais que tu veux le prix de st-marc?


Ce point là est un sujet particulièrement sensible. Personellement, en tant que tatoueur, j'offre non-seulement mon temps et mon énergie, mais aussi mon expertise. Alors quand quelqu'un me dit qu'il veut que je baisse mon prix, c'est un peu comme s'il me disait en pleine face que je vaux moins que ce que je pense.


Et deuxièmement, il y a une différence entre quelqu'un qui vend un produit et quelqu'un qui vend un service. Comme le service est quelque chose qui demande du temps, une personne qui vend un service, c'est l'équivalent de quelqu'un qui vend un produit en quantité limitée: ça fait absolument aucun sens de vendre à rabais, parce que chaque objet vendu à rabais équivaut un objet de moins à vendre au plein prix. Si je passe trois heures à travailler sur un client et que je baisse son prix de par exemple cinquante dollars, ce cinquante dollars-là, j'aurais très bien pu le faire en tatouant simplement quelqu'un d'autre.


De plus, le prix qu'un tatoueur charge, c'est rarement un hazard. Si un artiste charge par exemple 250$ l'heure, c'est probablement qu'il a une liste d'attente et que pour chaque client qu'il prend, il doit en refuser un autre. À ce moment-là, si vous essayez de bargainer avec lui, vous allez faire rire de vous.


Et ce conseil-là s'applique lui-aussi au reste de l'industrie de service. Quand quelqu'un offre son temps, son effort et son expertise, s'obstiner pour obtenir un rabais, c'est un manque de respect. Gardez vos skills de négociateurs pour les ventes de garages, les concessionnaires automobiles et les marchés aux puces.


Manquer de ponctualité


Encore une fois, c'est une question de respecter le temps de l'artiste. Quand on est payé pour le temps qu'on passe avec chaque client, le temps devient une ressource extrêmement importante.

Donc soyez à l'heure, et si vous pensez arriver en retard, lâchez un call avant. Et si vous ne pouvez pas vous présenter, appelez aussitôt que possible. Y'a honnêtement pas grand chose de plus frustrant que de s'y prendre une heure d'avance pour préparer un dessin, nettoyer la place et préparer sa station de travail pour ensuite attendre une autre heure et se rendre compte que le client ne va juste pas se pointer.



Bref


C'est simple, pour un professionnel qui offre un service, la ressource la plus importante, c'est le temps. Donc du moment où vous montrez à votre artiste que vous comprennez et respectez le fait que son temps est hyper important pour lui, il va vous considérer comme un client s'a coche.


*Agace client: personne qui se fait passer pour un client, mais qui n'a pas l'intention de payer pour quoi que ce soit. Afin d'obtenir de l'attention, il fait semblant d'être intéressé, jusqu'à ce que vienne le temps de payer.
0 views

©2018 by Guillaume Ricard Tattoo. Proudly created with Wix.com