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  • Guillaume Ricard

Devenir le loup: la mentalité du prédateur

Updated: Nov 17, 2018


L'article d'aujourd'hui est un autre de ces articles où je ne parlerai d'absolument rien de relié au tatouage. Bah, À peu près. Cet article est (abstractivement) à propos d'un mindset, d'un lifestyle et d'un choix de paradigme, donc pour moi c'est pas mal évident que je vois tout ça d'une perspective d'artiste et d'entrepreneur. Mais même si vous n'avez absolument rien à branler de l'art et du tatouage, il y a de bonnes chances que vous ayez quelque chose à branler de cet article-là.


Un loup parmi les moutons: un paradigme prétentieux


Comme à peu près tout le monde, vous avez probablement entendu au moins une fois un hipster douchebag fendant que vous avez croisé dans un endroit random dire que le monde est composé de deux types de personnes, soit les loups et les moutons, et qu'on vit dans un monde rempli de moutons. Vous l'avez entendu dégobiller ses opinions sur les jobs de neuf à cinq, l'influence des médias, la société de consommation et toute ces niaiseries à propos du fait que les gens se font brainwasher pour devenir des êtres placides et soumis à l'authorité, tout ça pour qu'un mégalomane diabolique au top de la pyramide puisse prendre leur argent en riant de façon hystérique comme le font les maniaques timbrés dans tous les films d'action douteux des années 90.




Et d'une certaine façon, étant-donné qu'on a tous une petite tendance à se comparer au reste du monde, penser que la moyenne des gens sont "brainwashés", et donc qu'on est au dessus des autres, c'est une croyance assez réconfortante.


Mais je pense que cette croyance là, c'est de la pure bullshit. Pas parce que la plupart des gens ne sont pas des moutons (ils le sont), mais bien parce qu'ils ne sont pas des moutons pour les raisons qu'on pense. Les gens ne sont pas des moutons à cause d'un quelquonque tour de magie diabolique que la société leur fait avaler. Ils ne sont pas des moutons parce qu'ils sont soumis, et ils ne sont certainnement pas des moutons parce qu'ils sont des losers. Ils sont juste des moutons parce que c'est plus facile que d'être des loups.


Beaucoup pensent qu'à l'opposé des moutons, les "loups" sont des gens rebelles qui refusent de vivre par les standards de la société, qu'ils sont les seuls à être assez forts pour penser librement, et c'est là que je pense qu'ils se trompent. Parce que pour moi, la différence est beaucoup, beaucoup plus subtile (et quand-même plus importante) que ça. Alors laissez-moi vous expliquer ma vision de ce que c'est que d'être un alpha parmi les bêtas, un loup dans un monde rempli de moutons. Et je ne vais pas prétendre que ma petite théorie n'est pas un brin arrogante, parce qu'elle l'est tout autant que les autres théories à ce sujet. J'pense juste que la mienne est un peu plus exacte.


Accro aux fins heureuses


Dans la vie, il y a les gens qui veulent atteindre un idéal, une fin heureuse, et les gens qui acceptent que cet idéal n'est jamais atteint. Une fin heureuse sur quoi? Tout. On recherche constamment l'aboutissement ultime de quelque chose: l'aboutissement de notre travail, l'aboutissement de notre vie amoureuse, notre santé, notre situation financière, nos émotions. En d'autre mots, le "et ils vécurent heureux jusqu'à la fin des temps". On trouve le bouleau parfait, tombe en amour avec le partenaire parfait pour le reste de notre vie, on achète la maison parfaite pour fonder la famille parfaite et boum! L'aboutissement, l'accomplissement de notre travail. You cracked the code, man! Maintenant, et juste mainenant, tu peux enfin être heureux et te sentir bien dans ta misérable peau! Right?


Ouain... non.


Et vous pensez probablement qu'on ne cours plus après la fin parfaite quand on parle de relations amoureuses. Vous pensez peut-être quelque chose comme: "Les relations amoureuses ne sont plus ce qu'elles étaient!", ou "Maintenant les relations sont terminées avant-même de commençer!", ou même "on est pognés dans une culture de beauté superficielle!". Et soyons honnête, ce que je viens de dire, c'est pas mal l'opinion de tout le monde.


On blâme la société pour la création du tant redouté rêve américain, mais pensez-y une seconde: c'est quoi la version "rêve américain" des relations amoureuses, et c'est quoi pour la plupart du monde l'idée d'une relation absolument parfaite? That's right: vivre heureux jusqu'à la fin des temps, c'est-à-dire trouver quelque chose de stable, avoir des enfants et aimer sa femme jusqu'à la fin de ses jours. Je sais pas pour vous, mais personnellement, j'ai jamais entendû qui que ce soit dire "moi j'aimerais vraiment ça juste avoir des relations hyper courtes jusqu'à la fin de ma vie, histoire de jamais avoir de stabilité, tsé".


On prétend qu'il y a un problème avec la romance moderne parce qu'on est encore incapable d'accepter la notion très réelle qu'être heureux jusqu'à la fin des temps, ça arrive juste pas. Quand les gens condâmnent les relations "fast food" en affirmant que de nos jours, les gens sont devenus incapables de tenir une relation sur le long terme, ils essaient en réalité de se convaincre eux-même que les fins heureuses à la Disney sont réelles, même si elles ne le sont pas. (Et pour les psychologues du net lisant cette phrase: non, mes parents ne sont pas divorcés.)


Moi je dis que peut-être (juste peut-être) que le monde est juste en train de faire la douloureuse réalisation que le concept des âmes soeurs n'est rien de plus que de la fiction, et que de lâcher prise au lieu de passer une vie à se chicaner avec quelqu'un qui rend notre existence misérable, c'est peut-être pas une si mauvaise idée que ça. Et je ne dis pas que de passer toute sa vie avec la même personne est une mauvaise chose (si les deux personnes sont compatible, tant mieux tsé). Juste que de lâcher prise si on se rend compte que quelque chose ne fonctionne pas, c'est pas aussi atroce que ce que les gens peuvent le croire.


Mais je m'éloigne du sujet. En gros, on est accro aux fins heureuses. Mais à part d'affecter la façon dont on voit la relation parfaite, en quoi c'est une mauvaise chose, vous dites?


Pourquoi vouloir une fin parfaite c'est du bad mojo


C'est une mauvaise chose parce que premièrement, ça peut rarement arriver. Pas parce qu'on ne peut pas atteindre nos objectifs de vie, mais bien parce que ces objectifs-là ne vont jamais être suffisants. Vous venez finalement d'acheter votre maison de rêve avec votre flamme? C'est le temps de la rénover, de la mettre vraiment s'a coche (je parle bien de la maison). Elle est parfaite comme elle est? Maintenant vous voulez une auto. Vous venez d'acheter une voiture neuve? Ouais mais vous avez encore besoin de l'écran plat 90 pouces 4k dans votre salon! Donc vous achetez la tv, et soudainement vous réalisez qu'après tout le travail que vous avez accompli, votre couple bat de l'aile. Et l'auto neuve que vous venez d'acheter? Elle est plus neuve pentoute.


Il n'y a pas de fin à tout ça. On attend toujours pour que les choses progressent, que les problèmes se règlent, que nos situations s'améliorent, deviennent parfaites. Et chaque fois, on pense "ça y est" comme si la prochaine étape à franchir serait la dernière ever, le dénouement ultime pour finalement être heureux pour de bon. Et le pire dans tout ça, c'est que si on arrive par miracle à obtenir absolument tout ce qu'on désire, c'est encore pire; maintenant on a plus rien à penser, plus rien pour quoi avancer dans la vie et regarder de l'avant. Notre existence-même devient un grand trou noir où il n'y a rien d'autre à faire que d'attendre que la mort emporte le vide de notre misérable vie dans l'obscurité du néant.


"I hope everybody could get rich and famous and will have everything they ever dreamed of, so they will know that it's not the answer" -Jim carrey

Et de l'autre côté de la médaille, plusieurs personnes sont conscients de la notion, mais l'appliquent de la mauvaise façon; ils se disent à eux-même qu'ils ne peuvent pas avoir tout ce qu'ils veulent, donc ils se contentent de la médiocrité. Ils acceptent que le "heureux jusqu'à la fin des temps" n'existe pas, alors ils abandonnent, vivent une vie de merde avec un job de merde, un hobby de merde et un partenaire de merde, et appellent ça être un adulte.



Par contre, quand on accepte qu'on ne peut pas atteindre notre idéal (et quand je dis accepter, je veux dire l'accepter comme une bonne chose au lieu de juste le voir comme une forme de fatalité), on accepte qu'on ne va jamais arrêter d'aller de l'avant dans la vie. On accepte qu'il va toujours y avoir quelque chose de plus à désirer, et que c'est bein correct de même. Soudainement, quand on rêve de cette bagnole flambant neuve, on ne sent plus qu'on a besoin de l'avoir afin d'être heureux. On réalise que de se botter le derrière pour acheter la voiture, d'atteindre un but, c'est ça qui nous rend vraiment heureux. Donc quand on l'obtient finalement, on a pas le feeling de "meuh, j'suis pas tant plus heureux, c'est poche" qu'on aurait normalement. Juste un doux sentiment de "j'ai atteint un objectif, maintenant c'est le temps de passer au prochain".


Et je pense que le bon mindset, c'est pas tant une affaire d'admettre qu'il ne va jamais y avoir de fin heureuse, mais bien une affaire de rechercher une évolution constante, d'accepter qu'on devrait toujours pousser pour aller plus loin, et que cette évolution ne va arrêter qu'au moment de notre mort.


-Mais Guillaume, le titre de l'article c'est les loups parmi les agneaux, pi tu parles de rien d'autre que de la bullshit de société de consommation. C'est quoi le fucking rapport avec les loups??

-Bordel, on se calme, j'y venais justement.


Le prédateur est celui qui évolue


Prennons le prédateur et la proie. Dans le grand cercle de la vie, on peux choisir de prendre ça chill et de dire "Ça y est! J'ai trouvé un abri avec plein de gazon pi un point d'eau, donc maintenant que je suis content, je peux rester ici jusqu'à ce que je crève!", pour ensuite attendre d'être tué par le prédateur qui nous regardait chercher notre spot de gazon depuis le début, ou on peut dire "Tu sais quoi? Le gazon c'est de la fucking marde. J'veux de la viande". Mais le problème, c'est que si on veut de la viande, on ne peut pas simplement rester assis à ne rien faire, en espérant que l'herbe se transforme soudainement en steak par un genre de tour de magie de pensée positive vaudou. Non, pour manger de la viande, il faut se faire pousser des dents et des griffes, devenir plus gros, plus fort et plus intelligent, et ne jamais arrêter de grandir. C'est juste à ce moment-là qu'on devient un loup, parce qu'à l'instant même où on arrête d'évoluer, quelqu'un d'autre va évoluer une coche plus loin, et on devient la proie une fois de plus. On devient le mouton, mangeant cette chose verte, sans saveur mais passablement satisfaisante appelée la complaisance, parce qu'il y en a fucking partout et que c'est ô si facile à prendre.


Et en y pensant bien, c'est pas mal ça la différence principale entre les carnivores et les herbivores: le carnivore a "décidé" d'évoluer plus loin, parce que même si c'est plus facile de broutter de l'herbe, il voulait de la viande, donc il a pris le chemin plus ardu mais plus payant. Et c'est précisément comme ça qu'il est devenu ce qu'il est.


Quand t'es un loup, tu ne te contente pas de ce que tu as. Tu veux toujours plus, et tu n'en ressent pas la moindre honte. Tu as faim, et c'est cette faim qui t'aide, qui te pousse à évoluer. Et ne vous méprenez pas: être un mouton c'est plate, mais être un loup, c'est foutuement dur. Premièrement parce qu'il faut être en compétition constante avec les autres prédateurs juste pour pouvoir manger de la viande (et éviter de redevenir une proie), et deuxièmement parce qu'il faut se battre contre son désir intérieur de se bourrer la face de gazon. C'est fatiguant, tellement que tu considère parfois retourner t'installer dans l'abris avec le point d'eau (avant de te secouer la tête et de hurler à la lune pour te remettre les idées en place). Mais malgré tout, tu se sent tellement plus vivant.


Le loup ne se plaint pas


Comme j'ai dit plus tôt, certaines personnent pensent que notre société est malade, que nous sommes accros à l'argent et aux médias sociaux, et qu'on est devenus plus fake, égoistes et avares que jamais pour cette raison. Ils disent qu'on devrait apprendre à s'engager plutôt que de rechercher la perfection. Moi je dis fuck that. La recherche de la perfection est ce qui nous force à devenir une meilleure version de nous-même chaque jour. Au lieu de se plaindre sur ce qui arrive à la société, on devrait l'accepter, la comprendre, et utiliser cette compréhension à notre avantage. Et je ne dit pas que tout dans cette société post-moderne est parfait comme ça. Juste qu'il faut arrêter de s'apitoyer, et commencer à s'adapter, parce que c'est aussi ça être un loup: accepter la marde et s'arranger avec au lieu de chiâler dessus like a little bitch.


T'aimes pas la façon dont les gens ne se voient plus en face-à-face à cause de la technologie? Garroche ton cellulaire aux vidanges, ou apprend à l'utiliser comme du monde. T'aimes pas le fait qu'on magasine nos partenaires de façon superficielle? Travaille sur ton image, ou trouve quelqu'un qui s'en fout, et bonne chance pour ressentir de l'attirance envers cette personne. T'aimes pas le fait qu'on soit des esclaves à l'argent? Apprend à en faire ou accepte d'être pauvre. C'est simple.


On arrête de brailler, et on commence à agir. Deal with it. On accepte le fait qu'il n'y aura pas d'aboutissement à notre travail, de fin heureuse, de situation parfaite, mais que ça ne devrait pas nous empêcher de toujours essayer de devenir meilleur. On se rend à l'évidence que de pourchasser l'impossible n'est pas une mauvaise chose parce que ça nous force à évoluer, et que dans la vie, évoluer, y'a qu'ça de vrai.


Seul un loup peut respecter un loup


Cette attitude, ce paradigme, ça ne va pas changer votre vie en un jour. Mais ça peut changer votre façon de voir les choses, de vous voir vous-même, et ultimement changer votre façon d'agir. Mais ça va aussi probablement changer la façon dont les autres vont vous voir. Les gens n'aiment habituellement pas voir d'autres personnes gérer des problèmes qu'ils jugent eux-même insurmontables comme si de rien n'était. Voir quelqu'un avec des standards de vie étrangement débalancés a une tendance à nous pousser à questionner nos choix de vie, et personne n'aime se questionner. Les gens aiment plutôt se plaindre, jouer à la victime, et quand ils voient quelqu'un agir comme s'il était au dessus de tout ça, il l'accusent d'être arrogant. Ils l'accuseront aussi de se penser au dessus des autres et de ne pas avoir le coeur à la bonne place d'accepter la société telle qu'elle est. Mais c'est le prix à payer pour être un loup. Mais quand t'es un loup, c'est un prix que t'es prêt à payer.


Quand j'ai commencé à travailler de plus en plus sur ma personne pour devenir de plus en plus ce que je voulais être, une partie de mon entourage a commencé à me juger. Je pouvais les voir devenir inconfortables en apprenant plus sur ma façon de penser. J'ai perdu quelques amis, et pas seulement parce qu'ils ont eux-même pris leurs distances, mais aussi parce que je n'apréciais plus leur compagnie comme avant. Mais heureusement, les vrais amis, ceux qui comptaient vraiment pour moi (en d'autres mots, ma meute), je les ai tous gardés, et c'est tout ce qui compte.


Bref


C'est ça qui est ça. Le loup n'est pas ce qu'il est parce qu'il est plus lucide, plus libre ou whatever la raison sociale de marde qu'on aime se raconter. Le loup est ce qu'il est parce qu'il accepte l'ordre naturel des choses au lieu de s'en plaindre. Alors il se bat pour constamment évoluer, et accepte que l'évolution, c'est aussi ne jamais réellement atteindre ses buts, ne jamais être complet. Une réalisation un brin accablante, certes, mais il peut vivre avec.


Après tout, c'est quand même un fucking loup.

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